Une reprise se finance presque toujours en combinant plusieurs sources : votre apport personnel, renforcé par un prêt d'honneur ou l'aide de proches, puis un emprunt bancaire, souvent complété par un crédit vendeur. Selon Service Public Entreprendre, la banque peut financer jusqu'à 70 % du prix et attend généralement au moins 30 % d'apport. Voici chaque source, ses montants officiels et l'ordre dans lequel les mobiliser.
En bref
- Apport : au moins 30 % du financement en général ; le guide de la reprise des CCI parle de 20 à 35 % du prix selon la cible.
- Banque : jusqu'à 70 % du prix d'acquisition, remboursé sur 5 à 7 ans (Service Public Entreprendre).
- Prêt d'honneur : 1 000 à 90 000 euros, sans intérêts ni garantie, sur 1 à 7 ans.
- Crédit vendeur : jusqu'à 50 % du prix, sur 1 à 3 ans.
- Ne financez pas que le prix : frais d'acquisition, trésorerie et besoin en fonds de roulement comptent aussi.
Combien faut-il vraiment financer ?
Le prix de cession n'est qu'une partie de la facture. Le guide de la reprise des CCI rappelle de prévoir aussi :
- les frais d'acquisition : honoraires d'avocat, d'expert-comptable, d'audit, droits d'enregistrement ;
- la trésorerie et le besoin en fonds de roulement, surtout si vous rachetez un fonds de commerce (vous repartez sans la trésorerie de l'ancienne structure) ;
- les investissements de court terme : remise à niveau du matériel, mises aux normes ;
- votre plan de développement : embauches, outils, marketing.
Les droits d'enregistrement dépendent de ce que vous achetez. Pour un fonds de commerce, ils sont de 0 % jusqu'à 23 000 euros, 3 % de 23 001 à 200 000 euros et 5 % au-delà. Pour des parts sociales, 3 % après un abattement ; pour des actions, 0,1 %. Le détail est dans Fonds de commerce ou parts sociales : que racheter ?.
1. L'apport personnel : la base de tout
Sans fonds propres, il est presque impossible d'obtenir un emprunt bancaire : c'est le constat du guide CCI. Votre apport prouve votre engagement aux financeurs. Il se compose :
- de votre épargne personnelle ;
- de l'aide de vos proches (« love money ») : don, prêt ou entrée au capital de la société ;
- d'un ou plusieurs prêts d'honneur ;
- le cas échéant, de l'Arce si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé.
Attention aux règles des prêts familiaux, rappelées par Service Public Entreprendre : un prêt de plus de 1 500 euros doit faire l'objet d'un écrit, et au-delà de 5 000 euros il doit être déclaré au service des impôts avec le formulaire n° 2062.
2. Le prêt d'honneur : l'effet de levier sur l'apport
Le prêt d'honneur création-reprise est un prêt personnel à taux zéro et sans garantie : ni caution, ni nantissement. Il est accordé à vous, pas à l'entreprise, et vient donc gonfler votre apport. Selon Service Public Entreprendre, son montant varie de 1 000 à 90 000 euros et son remboursement s'étale sur 1 à 7 ans. Certains secteurs sont exclus (exportation, agriculture, pêche, promotion et location immobilière, intermédiation financière), de même que les entreprises en difficulté.
Les deux grands réseaux sont Initiative France, qui compte plus de 200 associations locales, et Réseau Entreprendre. Vous présentez votre projet devant un comité ; en plus du prêt, ces réseaux proposent un accompagnement. Obtenir un prêt d'honneur crédibilise votre dossier auprès des banques.
3. L'emprunt bancaire : le gros du financement
D'après Service Public Entreprendre :
- le prêt bancaire peut couvrir jusqu'à 70 % du prix d'acquisition ;
- l'emprunteur doit en général apporter au moins 30 % ;
- le remboursement s'étale sur 5 à 7 ans.
La banque demandera des garanties : nantissement du fonds de commerce ou des titres, voire caution personnelle. Elle est libre de refuser, mais doit motiver sa décision ; si le refus vous paraît injustifié, vous pouvez saisir la médiation du crédit. Les banques aiment partager le risque : n'hésitez pas à solliciter plusieurs établissements.
4. Le crédit vendeur : le cédant finance une partie du prix
Si la confiance est installée, négociez avec le cédant un paiement échelonné d'une partie du prix. Service Public Entreprendre le limite à 50 % du prix au maximum, sur 1 à 3 ans. Le taux se négocie, un taux zéro est possible. C'est un signal fort pour la banque : si le vendeur accepte d'attendre, c'est qu'il croit en vous.
Variante : la clause de complément de prix (earn-out), qui indexe une partie du prix sur les résultats futurs de l'entreprise. Elle réduit le montant à financer le jour de la signature et partage le risque avec le cédant.
5. Bpifrance : le contrat de développement transmission
Bpifrance propose un prêt dédié à la reprise. Selon Service Public Entreprendre, il finance l'achat d'un fonds de commerce ou d'une majorité de titres, les frais d'acquisition et le besoin en fonds de roulement, pour un montant de 40 000 à 1 500 000 euros, sur 7 ans avec un remboursement allégé les 2 premières années, sans garantie ni caution personnelle. Il accompagne obligatoirement un prêt bancaire d'au moins 5 ans et représente au plus 40 % de l'ensemble des prêts. Les reprises d'entreprises en difficulté en sont exclues, et les entreprises concernées doivent être des TPE ou PME créées depuis plus de 3 ans.
6. Les aides si vous êtes demandeur d'emploi
- L'Arce (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) : France Travail vous verse 60 % de vos droits restants à l'allocation chômage sous forme de capital, en deux fois (la moitié au démarrage, l'autre 6 mois plus tard), moins une retenue de 3 % pour les retraites complémentaires. Condition : bénéficier de l'Acre.
- L'Acre : une exonération partielle et temporaire de cotisations sociales en début d'activité, sous conditions (par exemple : demandeur d'emploi indemnisé, jeune de 18 à 25 ans, salarié qui reprend son entreprise en procédure collective). La demande se fait auprès de l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité.
- Les dispositifs régionaux : chaque région propose un accompagnement à la création et à la reprise (successeur du Nacre). Renseignez-vous auprès de votre conseil régional.
Vous êtes étudiant ou jeune diplômé ? Les dispositifs qui vous concernent sont réunis dans Reprendre une entreprise quand on est étudiant ou jeune diplômé.
7. La holding de reprise et le LBO
Pour racheter les titres d'une société, beaucoup de repreneurs créent une holding de reprise. C'est elle qui emprunte ; elle rembourse grâce aux dividendes que lui verse la société rachetée. Vous ne vous endettez pas à titre personnel (sauf caution). La forme la plus courante est la SAS.
Quand la part de dette est importante, on parle de LBO (rachat avec effet de levier). Service Public Entreprendre indique que les fonds empruntés représentent en moyenne 70 % de la mise initiale. Le montage n'est pas gratuit : comptes annuels, frais juridiques. Et il suppose que l'entreprise rachetée dégage assez de bénéfices pour à la fois investir et rembourser : le guide CCI considère généralement que 60 % des résultats au maximum peuvent être remontés pour les remboursements.
8. Les autres pistes
- Le financement participatif (don, prêt ou investissement), utile pour tester l'adhésion de clients.
- Les business angels et fonds d'investissement, réservés aux reprises de taille significative avec un fort potentiel.
- Le microcrédit professionnel (Adie notamment), pour les petits besoins quand la banque refuse : Service Public Entreprendre cite un plafond de 17 000 euros pour les entreprises de moins de 5 ans et de 3 salariés au plus.
Dans quel ordre frapper aux portes ?
Le guide CCI conseille d'aller du plus proche au plus éloigné, chaque étape rassurant la suivante :
- Chiffrez votre besoin total avec un business plan sérieux.
- Mobilisez votre épargne et vos proches.
- Déposez un dossier de prêt d'honneur.
- Négociez un crédit vendeur avec le cédant.
- Présentez le tout aux banques, et à Bpifrance si votre dossier est éligible.
Avant de rencontrer votre banquier, faites une première estimation avec notre simulateur de reprise gratuit, puis faites valider vos chiffres par un expert-comptable. Si vous découvrez la reprise, commencez par notre guide des 10 étapes pour reprendre une entreprise et par notre page débutant.
Trouver une entreprise finançable
Une banque finance une entreprise rentable, à un prix cohérent avec ses résultats. Lisez Comment évaluer une entreprise à reprendre pour éviter de surpayer. AcquiScan note chaque annonce de Transentreprise et de Bpifrance Transmission sur 100, avec le détail de la rentabilité, du prix et des risques, et répond à vos questions de financement grâce à son expert IA. C'est une aide au tri : vos chiffres doivent toujours être validés par vos conseils et votre banque.
Essayer AcquiScan gratuitement : bêta offerte, sans carte bancaire.
Cet article est une information générale. Il ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier. Les montants et conditions des dispositifs évoluent : vérifiez-les auprès des organismes concernés et faites-vous accompagner par un expert-comptable et un avocat.
Questions fréquentes
Quel apport faut-il pour reprendre une entreprise ?
Selon Service Public Entreprendre, les banques exigent généralement que l'emprunteur apporte au moins 30 % du financement, le prêt bancaire pouvant couvrir jusqu'à 70 % du prix d'acquisition. Ce niveau varie selon l'activité et le risque.
Peut-on reprendre une entreprise sans apport ?
C'est très difficile, car sans fonds propres il est presque impossible d'obtenir un emprunt bancaire. Le prêt d'honneur, l'aide de proches, l'Arce et le crédit vendeur permettent en revanche de renforcer un apport modeste.
Qu'est-ce qu'un prêt d'honneur ?
Un prêt personnel sans intérêts et sans garantie, accordé au repreneur et non à l'entreprise. Service Public Entreprendre indique un montant de 1 000 à 90 000 euros, remboursable sur 1 à 7 ans.
Qu'est-ce qu'un crédit vendeur ?
Le cédant accepte d'être payé en plusieurs fois pour une partie du prix, 50 % au maximum, sur 1 à 3 ans en général. C'est aussi un signal de confiance très apprécié des banques.
Qu'est-ce que l'Arce ?
Une aide de France Travail qui verse à un demandeur d'emploi indemnisé qui crée ou reprend une entreprise 60 % de ses droits restants à l'allocation chômage, en capital et en deux fois. Il faut bénéficier de l'Acre.
Sources
- Service Public Entreprendre, « Recherche de financements pour créer ou reprendre une entreprise », vérifié le 5 décembre 2024 : F35930 (consulté le 21 octobre 2026)
- Service Public Entreprendre, « Aide à la reprise ou à la création d'entreprise (Arce) », vérifié le 13 août 2026 : F15252 (consulté le 21 octobre 2026)
- Service Public Entreprendre, « Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) », vérifié le 1er juillet 2026 : F11677 (consulté le 21 octobre 2026)
- Service Public Entreprendre, « LBO ou Leveraged buy-out », vérifié le 19 décembre 2023 : F31713 (consulté le 21 octobre 2026)
- Service Public Entreprendre, « Élaborer le montage juridique de la reprise d'entreprise », vérifié le 27 septembre 2023 : F36127 (consulté le 21 octobre 2026)
- Service Public Entreprendre, « Rédiger et signer l'acte de cession définitif » : F36101 (consulté le 21 octobre 2026)
- Initiative France, page d'accueil (prêt d'honneur Initiative, plus de 200 associations locales) : initiative-france.fr (consulté le 21 octobre 2026)
- CCI Business Builder, guide de la reprise, « Les clés du financement », « Combien coûte une reprise d'entreprise ? » et « À quoi faut-il être vigilant au moment de reprendre ? » : business-builder.cci.fr (consulté le 21 octobre 2026)
Article d'information générale, rédigé par l'équipe AcquiScan : il ne remplace pas le conseil d'un expert-comptable, d'un avocat ou de votre banque.